Un jour l’égalité viendra…

Un jour viendra où je n’aurai plus peur. Un jour, je ne porterai plus ce fardeau de tous les jours d’avoir des cheveux longs, d’avoir des seins, de porter une jupe trop courte ou une robe trop décolletée, en culpabilisant de provoquer des désirs insurmontables chez de pauvres hommes innocents, incapables de maîtriser les pulsions infernales provoquées par le passage suggestif et pesant d’une belle paire de seins.

Je n’entendrai plus jamais le mot femme comme le canal systématique d’opprobre, de symboles infériorisant et d’adjectifs stéréotypés par de vulgaires habitudes ancestrales, mais comme le nom innocent, candide d’une catégorie hétéroclite, ouverte, vaste et poreuse de personnes indéterminées par leur biologie mais aussi assumant pleinement les joies de leur sexe.

Oui, un jour viendra où le monde célèbrera la femme comme on célèbre les progrès de l’humanité trop souvent assimilés aux prouesses masculines. Ce jour-là, les livres, les films, les manuels et les conversations de bistrot oublieront les préjugés, banniront les dogmes genrés et laisseront les femmes s’exprimer. Ce jour-là, les femmes et les hommes seront égaux tout en étant différents. Ce jour-là, les femmes pourront aussi saliver devant le sexe opposé sans être qualifiées de salopes. Ce jour-là, les hommes pourront regarder une femme sans être qualifiés de pervers sexuels. Ce jour-là, même les publicités et les films penseront au désir féminin. Ce jour-là, j’aurai enfin le plaisir d’admirer des affiches d’hommes nus, autant que celles de femmes en sous-vêtements. Ce jour-là, les femmes auront enfin le droit d’assumer leurs fantasmes et non l’obligation d’adopter les fantasmes des hommes.

Oui, ce jour viendra où les hommes et les femmes comprendront ce que c’est qu’être une femme ou un homme ou ni l’un ni l’autre. Qu’une femme c’est un être humain comme les autres, avec autant de volonté et de désir qu’un homme et qu’une femme c’est aussi une identité qui a besoin de s’assumer, de crier haut et fort qu’elle a mis une jupe pour être elle-même et non pour allumer les gosses du quartier, qu’elle a le droit de dire non aux hommes, qu’elle est femme pour ce qu’elle a dans la tête et non exclusivement pour ses seins et ses fesses.

Un jour viendra où je n’aurai plus à justifier ma tenue, à ignorer les regards fixes d’hommes dans le métro tout en rêvant de leur arracher les yeux et les bijoux, la rage au ventre. Ce jour-là, plus aucune femme comme moi n’aura peur. Plus aucune n’aura peur d’être Marie Curie, Hedy Lamarr ou Simone Veil.

Sauf qu’aujourd’hui n’est pas encore ce jour. Aujourd’hui, nous sommes toutes des femmes, qui agissent dans l’ombre.

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