Pourquoi je préfère parler de désir plutôt que de consentement

Le consentement vient du latin consentire, « sentir », « penser » et signifie dans le langage courant accorder quelque chose. En matière de sexualité, le terme est prôné par les courants féministes pour lutter contre les violences faites aux femmes, notamment le viol (défini comme un acte de pénétration de toute forme que ce soit et non consenti).

Je suis cependant un peu gênée par ce terme, qui renvoie au schéma d’une personne qui demande et d’une autre qui accorde ou non sa permission. Si une personne doit consentir à un acte sexuel avec une autre personne, cela veut dire qu’elle donne son accord pour donner quelque chose, l’accès à son corps, mais elle n’est pas active, contrairement à l’autre qui exprime une volonté.

Si l’association féministe Consentis a développé une définition pédagogique du mot consentement (enthousiaste, libre et éclairé, réversible, spécifique, informé), le risque est de rester dans un schéma qui domine encore aujourd’hui où l’homme exprime sa volonté, son désir sexuel et la femme cède ou non, mais ne doit pas trop exprimer ses envies. On reste dans le cliché selon lequel l’homme a des pulsions sexuelles et la femme n’en a pas.

Or, c’est faux. Le mythe véhiculé sur de prétendues pulsions masculines ne sert qu’à déresponsabiliser les hommes dans les violences faites aux femmes dans un système qui valorise l’homme hétérosexuel et demande aux femmes de se plier à leurs moindres envies. Aucune preuve scientifique n’atteste la présence de pulsions sexuelles incontrôlables qui concerneraient exclusivement les hommes.

Les femmes ont des désirs sexuels, tout comme les hommes. Le terme de consentement renvoie au contraire à l’idée que la femme cède et n’exclut pas les cas où elle consent non pas par désir sexuel, mais pour les mauvaises raisons : par peur, par lassitude face à l’insistance de son partenaire, par devoir…

A l’inverse, en préférant le terme de désir, on renvoie directement à la volonté de la personne d’avoir un acte sexuel avec l’autre et ne reflète pas l’idée d’une transaction, d’une demande d’autorisation où l’un propose et l’autre dispose ou non…

Cette réflexion en appelle une autre, sur le droit de la femme à voir son plaisir pris en compte, à la fois dans toute relation intime, mais aussi dans les représentations culturelles de la société. Mais c’est pour un autre article…

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